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mercredi 30 novembre 2016

Guerre 14-18 : Coupe-papier (Juillet 1916)

Alors qu'il se trouve dans la Somme, en juillet 1916, où les combats furent plus sanglants qu'à
Verdun, notamment pour les Britanniques, Louis Moignau, soldat à la 25e compagnie
du 9e Régiment du Génie, a sculpté, avec talent, un de ses coupe-papiers.

Louis Moignau, soldat à la 25e compagnie  du 9e Régiment du Génie
 A droite, Louis Moignau tenant un chien dans ses bras

Son petit-fils m'a encore confié la pièce que je vous présente ci-dessous !

Guerre 14-18 : Coupe-papier (Somme - Juillet 1916)

En détournant une balle de fusil Lebel pour faire le manche et en réutilisant une plaque de cuivre
pour réaliser la partie coupante en forme de Lune à visage, Louis Moignau a souhaité
témoigner de sa présence dans la Somme au mois de Juillet 1916.

Guerre 14-18 : Coupe-papier (Somme - Juillet 1916)

Guerre 14-18 : Coupe-papier (Somme - Juillet 1916)

 Ainsi sur l'ogive d'une balle de fusil Lebel, le soldat Moignau a inséré une plaque de cuivre
en forme de Lune en gravant sur les faces un visage et les inscriptions suivantes :
"Somme 1916", "Amitié" et le millésime "Juillet 1916".

Guerre 14-18 : Coupe-papier (Somme - Juillet 1916)

Guerre 14-18 : Coupe-papier (Somme - Juillet 1916)

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Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine - 2016 © Tous droits réservés

lundi 28 novembre 2016

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

Appartenant au Musée de la Cour d'Or, le Grenier de Chèvremont est l'un des derniers édifices
publics médiévaux, avec la Grange des Antonistes et du Petit-Clairvaux, ayant servi
d'entrepôt pour les denrées périssables.

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

Construit à partir de 1457 par les autorités messines à l'emplacement d'une grange plus ancienne
édifiée entre 1230 et 1300 (le chaînage d'angle subsiste au milieu de la façade), le Grenier de
Chèvremont est doté de "murs-écrans" surmontés de merlons et d'une toiture pyramidale.

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

Conçu d’abord pour servir d’arsenal, le bâtiment fut transformé en grenier à céréales dès la fin du
XVe siècle. Il servit ensuite d’entrepôt pour la ville notamment en 1476 lorsque le bois de
charpente de la Tour de la Mutte de la cathédrale Saint-Étienne y fut déposé.

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

 Le grenier de Chèvremont, aujourd’hui partie intégrante des musées de Metz, a servit de
lieu de stockage jusqu'en 1870 sur ses quatre niveaux.

En 1498, avec l'entreposage de céréales de blé attesté et la nécessité d'une bien meilleure
ventilation des espaces de stockage, quelque 150 fenêtres rectangulaires
furent percées sur trois des façades, celle de l'est restant aveugle.

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)
L'une des portes ogivale donnant accès au grenier depuis la rue

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)
Vue depuis la cour du Musée de la Cour d'Or

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)
Maquette figurant le grenier de Chèvremont

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

Le rez-de-chaussée, divisé en quatre travées, repose sur des arcades en plein cintre avec
une charpente composée de poutres de bois massives.

Au-dessus, les trois autres niveaux planchéiés assurent des espaces de stockages conséquents.

Chacun des niveaux propose environ 200 m2 d'espace d'entreposage.

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

Le rez-de-chaussée sert de lieu d'exposition de la statuaire médiévale religieuse ; les autres niveaux
accueillent d'autres collections dont les bustes originaux de la Maison des Têtes.

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

METZ (57) - Grenier de Chèvremont (1457-1467)

Retrouvez également une partie des collections du Musée de la Cour d'Or
exposées au rez-de-chaussée du Grenier de Chèvremont :

- les Vierges à l'Enfant, en cliquant sur l'image ci-dessous

http://patrimoine-de-lorraine.blogspot.fr/2011/07/metz-57-les-vierges-lenfant-du-musee-de.html

- les autres statues des XVe-XVIe siècles (pietà, saints....), en cliquant sur l'image ci-dessous

http://patrimoine-de-lorraine.blogspot.fr/2012/02/metz-57-les-statues-du-xve-et-xvie.html

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samedi 26 novembre 2016

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)

Après le calvaire Saint-Languit et le château d'En-Haut, je vous invite à découvrir
extérieurement l'église paroissiale de Germiny, dédiée à Saint-Evre.

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)
Le chevet gothique à pans coupés, contreforts et fenêtres à remplage composé de deux
lancettes en arc en anse de panier ou trilobées surmontées de mouchettes ou trilobes

A l'origine chapelle castrale, l'église Saint-Evre a fait l'objet de nombreuses modifications
au fil des siècles. Au XVe siècle, le chœur fut reconstruit, au XVIe siècle, la
nef fut remodelée et au XIXe siècle, le clocher fut largement remanié.

Elle appartenait au diocèse de Toul.

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)
Mur nord avec ses contreforts et ses ouvertures gothiques et renaissance

Les seigneurs de Germiny furent à l'origine de ces modifications,
tout du moins avant le XIXe siècle.

Depuis le XIVe siècle, la famille de Haraucourt tenait le fief du haut de Germiny.

Gerard II, grand maréchal de Lorraine (1380), fut le premier à porter
 le titre de sire de Germiny.

L'un de ses descendants, Evrard de Haraucourt, fit construir le chœur de l’église,
alors chapelle castrale ; et dota, en 1492, le clocher de trois nouvelles cloches.

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)
Le clocher carré néo-gothique (Fin XIXe siècle)
GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)

Malgré la réfection de l'ancien clocher après un orage, le 11 mai 1851, la municipalité
de Germiny decida de faire reconstruire l'édifice ; il semble que le nouveau
clocher fut édifié peu avant l'an 1900.

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)
Porte gothique avec son linteau en accolade et à l'écu bûché

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)
Contrefort du mur sud - Niche gothique à dais à arcs trilobés et en
accolade ; elle devait contenir une statuette de Saint-Evre

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)
Chapelle latérale sud - Fenêtre gothique flamboyante (Début XVe siècle)
avec son remplage à deux lancettes trilobées et oculus quadrilobé

Le chevet gothique à pans coupés comporte des contreforts entre lesquels prennent
place des fenêtres à remplage composé de deux lancettes en arc en anse
de panier ou trilobées surmontées de mouchettes ou trilobes.

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)
Chevet - Fenêtres gothiques flamboyantes et renaissance (Fin XVe-Début XVIe siècle)
GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)

GERMINY (54) - Eglise Saint-Evre (XVe-XIXe siècles)
Chevet - Fenêtres gothique flamboyante (Fin XVe siècle)
avec ses deux lancettes trilobées surmontées d'un cœur trilobé

Lors de mes différents passages, l'église était malheureusement fermée !
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mardi 22 novembre 2016

METZ (57) - Musée de la Cour d'Or : Mosaïque gallo-romaine aux gladiateurs

Le Musée de la Cour comporte de nombreux vestiges du passé gallo-romain de l'antique
Divodurum Mediomatricorum dont une remarquable mosaïque montrant des
gladiateurs, découverte à Metz, Place Coislin, en 1969.

METZ (57) - Musée de la Cour d'Or : Mosaïque gallo-romaine aux gladiateurs

Datée des IIe-IIIe siècles, cette mosaïque à tesselles polychromes se compose de quatre panneaux
au centre desquels figure un gladiateur, dans un décor géométrique alliant torsades
et dents d'engrenage.

METZ (57) - Musée de la Cour d'Or : Mosaïque gallo-romaine aux gladiateurs

Les noms de deux des gladiateurs peuvent être reconstitués : Senilianus, le rétiaire
et Prudens, le secutor. L'hoplomaque avait un prénom finissant par DUS
et le mirmillon portait un prénom commençant par M.

METZ (57) - Musée de la Cour d'Or : Mosaïque gallo-romaine aux gladiateurs
L'hoplomaque dont le prénom fini par DUS

 L'hoplomaque dispose d'une casque lourd à crête , d'un parma (petit bouclier rond), d'une lance,
d'un pugio (poignard) et de deux ocreas (jambières). Il affront souvent le
Mirmillon ou le Thrace lors des combats dans l'arène.

Hoplomaque dans l’amphithéâtre de Grand (ACTA) en 2015
Hoplomaque dans l’amphithéâtre de Grand (ACTA) en 2015

METZ (57) - Musée de la Cour d'Or : Mosaïque gallo-romaine aux gladiateurs
Un mirmillon dont le prénom commence par M

 Armé de son glaive, le mirmillon est protégé par un scutum (grand bouclier), un casque à grille
escamotable, d'une ocrea (jambière) et d'une manica de cuir sur le bras droit ; il est
le gladiateur le plus lourdement équipé.

Mirmillon dans l’amphithéâtre de Grand (ACTA) en 2015
Mirmillon dans l’amphithéâtre de Grand (ACTA) en 2015

METZ (57) - Musée de la Cour d'Or : Mosaïque gallo-romaine aux gladiateurs
Senilianus, le rétiaire
METZ (57) - Musée de la Cour d'Or : Mosaïque gallo-romaine aux gladiateurs

Le rétiaire dispose d'un trident, d'un filet, d'une manica ou protection de cuir pour son bras gauche
et d'un poignard (pugio). Le secutor était son adversaire habituel.

Rétiaire dans l’amphithéâtre de Grand (ACTA) en 2005
Rétiaire dans l’amphithéâtre de Grand (ACTA) en 2005

METZ (57) - Musée de la Cour d'Or : Mosaïque gallo-romaine aux gladiateurs
Pru(dens), le secutor

Le secutor possède le gladius, le bouclier long, et une jambière à la jambe gauche.
Son casque remarquable, sans rebord, surmonté d’un court cimier, était
bien adapté à la lutte contre le rétiaire, son adversaire traditionnel.

Casque de secutor à Grand (ACTA) en 2015
 Casque de secutor à Grand (ACTA) en 2015
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samedi 19 novembre 2016

NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Annonciation (1er quart du XVIe siècle)

Présentées à l'occasion de la remarquable exposition "La Lorraine pour horizon", les statues
de l'Annonciation (l'Archange Gabriel et la Vierge Marie) figurent parmi les œuvres
majeures de la sculpture des débuts de la Renaissance en Lorraine.

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)

Placée originellement sur la façade extérieure de la porte de la Craffe, ses deux sculptures furent
commandées par le duc René II de Lorraine pour honorer la Mère de Dieu à la suite de sa
victoire sur le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, à la bataille de Nancy du 5 janvier 1477.

Le duc de Lorraine arborait alors un étendard figurant la Vierge de l'Annonciation.

René II de Lorraine et son étendard
Miniature du manuscrit "La Nancéide" de Pierre de Blarru

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)

A l'origine, ces deux  statues étaient accompagnées des armes de René II et de son épouse
Philippe de Gueldre ainsi que de deux inscriptions rappelant la victoire du duc
le 5 janvier 1477,  sous l’égide de la Vierge.

 Emplacement probable des deux statues dans la niche de la Porte Notre-Dame
(restitution Musée Lorrain)

En 1615, sous le règne du duc Henri II de Lorraine, la façade extérieure de la porte fut reconstruite
tout en conservant les deux statues que l’on plaça dans la niche centrale.

En 1792, les statues de l'Archange Gabriel et de la Vierge furent retirées.

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)
L'archange Gabriel avec son vêtement au galon finement sculpté
  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)

Apparemment les Révolutionnaires ont placé les deux statues à gauche et à droite du portail de
l’ancienne église Saint-Epvre avant qu'il ne soit détruit lors de sa reconstruction en 1863.

Elevation du portail de la basilique Saint-Epvre - Anonyme (Milieu XIXe siècle)
(Médiathèque de l'architecture et du patrimoine à Charenton)

Il semble fort possible que l'Archange Gabriel et la Vierge furent installés sur le portail de la
basilique Saint-Epvre après 1805, date à laquelle l'abbé Lionnois mentionne encore
la présence de deux autres statues, celles de Saint Pierre et Saint Paul.

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)
L'Archange Gabriel avec ses cheveux bouclés et son vêtement au galon et broche ouvragés

Les deux statues ont intégré le Musée Lorrain peu après les début des travaux de reconstruction
de la basilique Saint-Epvre en style néo-gothique par l'architecte Prosper Morey.

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)

A qui doit attribuer ces grandes statues qui ont malheureusement perdues leurs mains ?

Inévitablement, elles sont l’œuvre du sculpteur ducal Jean Crocq, originaire de Bar-le-Duc,
 qui fut « ymagier, graveur et maitre de pourtraitures » du duc René II de Lorraine.

Le style des deux sculptures est tout à fait emblématique de l’œuvre de Crocq : traitement très
soigné de la chevelure, finesse des visages et richesse des habits ornés de perles, de bijoux,
et d'un galon finement ouvragé semblable à celui de la Vierge de la pietà de
l'église de Pont-Saint-Vincent, attribuée à l'artiste.

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)
La Vierge, avec sa longue chevelure, dans une position légèrement
tournée vers l'Archange
  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)

  NANCY (54) - Musée lorrain : Statues de l'Archange Gabriel et la Vierge Marie (1er quart du XVIe siècle)
Vierge - Détails du drapé galonné
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